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Mentor.es : nouveaux anges-gardiens des entrepreneur.es ?

 
Le phénomène n’est pas nouveau. Le mentorat a vu le jour dans les années 1970, d’abord au Canada et aux Etats-Unis avant de s’ouvrir à l’Europe, dans les années 2000.
Avec l’avènement des entrepreneurs du web qui ont insufflé la culture du mentoring jusqu’aux startups, cette approche s’est largement généralisée dans le monde de l’entreprise.
Au travers des incubateurs et accélérateurs ou via des programmes dédiés tels que Moovjee pour les jeunes entrepreneur.es, Ticket for Change pour les acteurs de l’ESS, WBMI pour les femmes entrepreneures ou encore 50 Partners, le mentorat a désormais le vent en poupe !
Dans le prolongement de son intervention lors de l’étape nantaise du forum BeABoss, Sandrine Charpentier, fondatrice de Digitaly, partage sa vision du mentorat à l’heure de l’entreprise qui doit désormais selon elle, « s’ouvrir davantage sur son écosystème ».

Qu’est ce que le mentorat ?

Le mentorat peut se définir par une relation volontaire entre deux individus, l’un avec une expérience et des ressources dont il souhaite faire bénéficier l’autre, qui cherche à se développer.

La meilleure définition pour le mentorat tient selon moi en un seul mot : CONFIANCE.

Un/une mentor.e, c’est avant tout une rencontre.
Quelqu’un à vos côtés pour un moment, quelques mois, toute une vie… quelqu’un avec qui va s’installer une relation de confiance basée sur la bienveillance.

Mentorat, un phénomène de mode ?

Se faire accompagner par un.e mentor.e permet de donner un coup de pouce à son parcours professionnel. De plus en plus pratiqué en France, le mentorat a su démontrer son efficacité à plusieurs titres.
Au niveau des performances de l’entreprise tout d’abord. Selon une étude menée par la Business School Suisse IMD, 71 % des dirigeants disent avoir amélioré les performances de leur groupe après un mentoring.
Ensuite, parce qu’entouré.e, on va forcément plus loin. Dans les situations difficiles, les choix complexes, les décisions importantes, pour prendre du recul ou tout simplement pour le besoin d’une oreille attentive, les entrepreneur.es ont besoin de s’entourer de personnes bienveillantes.
Pour cela, rien de tel que de faire appel à des gens expérimentées qui vont pouvoir aider l’entrepreneur.e à réfléchir différemment, recadrer son projet, travailler sur sa stratégie, faire face aux difficultés, l’écouter ou le/la guider dans ses choix.

Du #SuperPouvoir des entrepreneur.es à succès

Ça nous est tous, toutes déjà arrivé.es d’entendre dans notre entourage ou bien de lire le témoignage de personnalités qui nous disent avoir réussi en vantant leur parcours de self made man/woman, les heures de travail acharné effectuées le jour, la nuit… pour arriver au succès qu’elles connaissent aujourd’hui.
En y regardant de plus près, la personnalité en question était loin d’être totalement isolées, avec non seulement des conseils de mentor.es mais aussi des nuits blanches qui ne l’ont finalement pas été si souvent…
Même les plus grands entrepreneurs, qui sont aujourd’hui pour nous des gourous, tels que Steve Jobs (mentoré par Andy Grove, Kobun Chino Otogowa, Regis McKenna, Alan Kay, et d’autres) ont su s’entourer et bénéficier des précieux conseils de mentors avant de mentorer à leur tour.

Les super pouvoirs sont donc très relatifs dans le monde de l’entreprenariat. Savoir s’entourer en est assurément un !

Mentorat et solitude de l’entrepreneur.e…

Le sentiment “d’isolement” est une réalité chez les entrepreneur.es, quelle que soit la taille de leur équipe et de leur activité. Ce sentiment est d’ailleurs en progression constante chez les dirigeants de TPE selon une étude récente sur la santé des dirigeants d’entreprise, menée par Opinion Way pour MMA.
Il est de 29 % contre 24 % en 2015. Faire appel à un.e ou plusieurs mentor.es peut être une réponse au sentiment d’isolement si fréquent des créateurs et créatrices d’entreprises, pour partager et se sentir plus entouré.e.

S’entourer pour mieux réussir

“The dwarf sees farther than the giant, when he has the giant’s shoulder to mount on.”*
—Samuel Taylor Coleridge, in The Friend (1828)

*«Le nain voit plus loin que le géant lorsqu’il se hisse sur l’épaule de ce dernier ».
Entreprendre, c’est relever de nombreux challenges, faire face à des situations qui sont parfois complexes, décourageantes et il n’est pas toujours évident de prendre les bonnes décisions seul ou même avec son équipe. Bénéficier d’une nouvelle perspective, comme le nain qui ici voit plus loin grâce au géant, c’est prendre du recul parfois nécessaire face à une situation, une décision à prendre.
Aujourd’hui plus que jamais, il est recommandable de fonctionner en écosystème : l’entreprise doit vivre en mode ouvert, fluide. Bénéficier de conseils de l’extérieur, c’est être plus fort.e, faire appel à l’intelligence collective et donc mieux comprendre les attentes de son marché, de ses clients.

Gandalf serait-il le mentor idéal ?

Souvent on s’imagine qu’un.e mentor.e doit être une personne exceptionnel.le, à l’instar de Gandalf tout droit issu du monde fantastique du Seigneur des Anneaux. En somme, un.e mentor.e qui chasserait les mauvais dragons et nous éloignerait du mal !
Le/la mentor.e est loin d’être ce personnage aux pouvoirs extraordinaires. Démystifiée, c’est une personne « normale », avant tout avec une forte dose de bon sens et bien sûr une ou plusieurs expériences réussies dans l’entreprenariat ou l’intraprenariat.
Tout le monde ne peut pas pour autant être mentor.e… il y a un temps pour mentorer, car il s’agit d’un véritable engagement vis à vis de la personne en demande.
Le mentorat doit avant tout s’inscrire dans un temps de soutien, de partage d’expérience et nécessite donc pour le/la mentor.e d’être dans une période de prise de recul face à ses propres engagements business. Il faut aussi pour le/la mentor.e ouvrir son réseau, ses contacts, prendre le temps de la relation.
Un/une mentor.e est donc plutôt un.e. professionnel.le déjà établi.e, avec un parcours riche d’enseignements, qui a peut-être aussi été mentoré.e et qui a surtout le goût de transmettre. Mentorer, c’est apporter de la neutralité, de l’équilibre en regard de situations particulières. C’est aussi une démarche à la fois libre et devant se révéler rassurante, voire structurante.

Entreprendre au féminin et mentorat ?

Comme dans toutes les sphères de pouvoir et d’influence et aussi parce qu’elles sont peu nombreuses à créer leur entreprises, les femmes endossent encore peu le rôle de mentore pour transmettre à leur tour leur expérience.
La bonne nouvelle est que depuis quelques années, des femmes se réunissent autour de réseaux au féminin pour proposer de l’entraide, de l’échange, des conseils aux femmes entrepreneures tels que Ellesbougent, Femmes Cheffes d’Entreprise, BFN.
Ces réseaux se développent également au sein des entreprises pour encourager l’évolution de carrières au féminin ( Cercle InterElles, Programme Eve, Professional Women Network) , et proposer des programmes où le mentoring prend une place de plus en plus stratégique.
Des initiatives de mentoring au féminin se créent (WBMI) pour des femmes qui entreprennent et sont à la recherche de conseils de leurs paires pour développer leur activité avec un soutien bienveillant et un regard expérimenté sur l’entreprenariat féminin.

Choisir son/sa mentor.e est une décision engageante qui est avant tout une question de relationnel et surtout, de rencontre.

Etre mentorée par une femme quand on est soi-même une créatrice d’entreprise peut être une bonne réponse ou non selon les attentes profondes de chacune. Le mentorat est une relation basée sur la confiance réciproque.
A vous de trouver votre réponse… et donc votre mentor.e. 

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